Carnet de voyage 

Extraits de mon journal de bord ...

10 mars 2014 Jour J : départ 1ère étape en traîneau !

 

Il est 6h, le jour se lève à peine, je suis au chaud sous mon duvet dans mon chalet en bois au milieu du chenil. Le poêle à bois s'est quasiment éteint. Il me reste 1h, je me lève pour raviver les braises avec de nouvelle bûches pour réchauffer mon petit nid douillet. La température a dù descendre vers les zéro maintenant alors que le thermomètre affiche -28°C dehors à travers la vitre givrée. Il me reste 1h pour m'assoupir encore un peu mais mes pensées dépassent l'excitation qui m'envahit à l'idée d'être LE jour J tant rêvé depuis des années. Quelle sensation folle de me dire :

"aujourd'hui je pars réaliser mon rêve". 

 

Après un copieux petit dèj fait de pains perdus et chocolat chaud, nous préparons nos traîneaux. Essentiellement des stocks de nourritures pour les hommes, des sacs de croquettes et des sacs de viandes gelés pour les chiens, boite à outils, harnais des chiens, nos sacs de couchage, hâche, scie, tente arctique, poêle à bois,etc...

Deux heures plus tard, nous attelons les chiens aux deux traîneaux. Nous partons seuls Marie et moi pour la première semaine. Elle a toute juste 19 ans mais elle connait parfaitement la vie du bois dans le Grand Nord. Tout le monde est là, l'équipe du camp et leurs familles. Les chiens sont excités, difficile de les coucher avant le départ. Mon attelage est composé de Tigrou, Dex, Otich, Chipek, et Aziane. 

Nous levons l'ancre au final peu avant midi. Et oui chaque traîneau possède un ancre pour retenir le traîneau et surtout les chiens. 

Ça y est, je vis les premières foulées de mes six compagnons de voyage, premiers mètres des quelques 1000 km à parcourir à travers le grand Nord canadien. Du rêve à la réalité,  c'est le cœur empli d'émotion et l'esprit avide d'aventures et de grands espaces que je contemple la belle piste blanche qui s'offre à nous. 

11 mars 2014 Journée sous les gros flocons

 

Il est 6h, nous nous réveillons sous un tipi. La nuit a été très froide. Le tipi est tellement grand qu'il est difficile de le chauffer malgré la taille du poêle. Mais le bonheur est là. Les chiens dorment encore roulé en boule avec la truffe sous la queue. Je me sens tel un autochtone qui part en transumance avec ses bêtes. Après avoir remballé nos affaires et attelé les chiens presque cachés sous un manteau blanc, nous redescons sur la rivière gelée Ouasiemsca. Par endroit la slutch (couches de glaces et d'eau) ne me rassure pas. Par endroit la glace craque sous nos pieds, malgré le poids de nos traîneaux, Marie est confiante. Je contemple la forêt de sapins qui défile sur notre passage, les flocons s'emmèlent. Je m'amuse à en gober quelques-uns. Au fur et à mesure que nous avançons la rivière se ressert. La neige colle et donne une image absolument magique du paysage qui nous entoure mais à la fois cette forêt sombre et noire contrastée au manteau blanc qui s'y dépose donne une impression de forêt interdite sortie tout droit d"un film d'horreur.  

À midi nous faisons une halte sur le coté. je scie quelques bois morts et avec Marie nous les entassons en quinconce en petit tas pour faire un feu et griller nos toasts. J'en profite pour me réchauffer car le froid prend vite le dessus lors des ehures de statiques derrière le traîneau.  L'après midi nous longeons de grandes falaises de pierres et de glaces, impressionnant ! Comme au milieu d'un grand canyon. La neige qui tombe toute la journée forme un épais manteau blanc qui ralenti la progression des chiens. A 15 heures, nous devons nous arrêter pour monter notre 1er campement. Dans trois heures il fait nuit alors il ne faut pas perdre de temps ! Désatteler les chiens et les placer sur une ligne tendue entre deux arbres, couper des grands piquets de bois et un mât central pour la tente, tapisser le sol de branches de sapins, monter la tente, installer le poêle, couper et fendre du bois pour toute la nuit, nourrir les chiens, allumer le feu du poêle, préparer enfin notre diner,et se glisser au chaud dans nos sacs de couchage... épuisé par tout ce travail ! La nuit, le froid me réveille pour remettre du bois dand le poêle mais souvent la température redescend vite à celle d'extérieur vers les -20°C je dors la tête complètement sous mon duvet. 

 

Mercredi 12 Mars

 

Au réveil à 6 heures, il fait très froid. Tout est gelé dans la tente. La température a chuté à -30°C. Notre bois pourri coupé la veille a eu raison de notre désarroi pendant la nuit. Mais le soleil est de retour, encore couché, le ciel li ne porte auun nuage. Nous mettons plus de quatres heures à démonter tout notre campement. Beaucoup, beaucoup trop long. Il va falloir prendre nos habitudes, accélerer et prendre le rythme pour cette expédition. 

Départ vers 10h30, nous continuons à longer la rivière en hauteur. Le relief se fait plus important, des vraies montagnes se forment autour de nous. Le paysage devient splendide tel un vrai canyon. Mais notre progression est lente et la montée est diffcile pour les chiens. La neige de la veille est épaisse et collante. Je m'émerveille malgré le vent qui rend ce froid vraiment glacial. Je suis obligé de mettre mon casque de poil, ma capuche, ma cagoule et mon masque. Plus rien ne passe.Par moment , je descends même du traîneau courir un peu à coté pour me réchauffer. 

 

Je veux vraiment filmer tout ces grands paysages tant rêvés mais sortir mes mains de mes mitaines en lynx ne serait-ce que 30 secondes mes glace les doigts ! 

 

Vers midi, nous savons qu'il nous reste 15 à 20 km pour arriver au camp de trappeur de Tony. Nous faisons le choix de repousser notre dîner (expression québecoise pour le déjeuner en Français). J'ai déja faim, je m'autorise quelques cookies de ma réserve. 1h après, la progression toujours lente, il nous reste 10 km après le camp forestier que nous nous apprêtons à traverser. Une sensation bizarre de passer ainsi en traîneau dans un village fantôme. Ensuite, nous longeons le Lac Long. Avec le terrain devant valloneux parsemé d'arbres et de prairies blanches, j'ai l'impression d'une nature de pus en plus sauvage. Je vis mon rêve. 

Vers 16h, nous arrivons enfin au camp Lagopède de Tony. Un grand chalet de trappeur, construit de ses mains en deux étés avec tout le bois de la forêt surplombant un lac. Le lieu est iddylique et magique. C'est son petit coin de paradis. À l'intérieur, une pièce principale entourée de baies vitrées donnant vue sur le lac et la forêt qui nous entoure. Nous Somme au milieu de nulle part, une sensation déjà de bout du monde. Le soir, installé dans les fauteuils, la sensation chaleureuse auprès du poêle après trois jours dehors par -20°C est paradisiaque. Nous sommes bien content de dormir au chaud, au sec et sans camp à monter ce soir. 

Tony nous rejoint dans la soirée en moto neige. Nous allons rester ici une journée pour donner du repos aux 14 chiens.

Ce soir, la nuit très claire et étoilée appelle encore au grand froid et est propice aux aurores boréales. 

 

Samedi 15 Mars : la catastrophe évitée

 

Ce matin le départ est difficile, il a beauoup neigé la veille, nos traîneaux sont encore trop lourds, les chiens sont excités. Dex et Tigrou se sont battus sauvagement une fois attelé côte à côte, je ne suis pas intervenu assez rapidement ni assez fortement sur la bagarre, Tony me hurle dessus pour frapper avec une raquette bien plus fort, de toute mes forces, et fini par me la cogner contre moi de colère. je rétorque, il s'excuse. Ça fait parti d'une expédition ces moments d'engueulade, mais ilest vrai qu'il a raison il faut vraiment les séparer avant qu'une blessure grave arrive pour un chien et engendre des difficultés pour la suite de l'aventure. Cela me chagrinne. La forêt enneigée ne réussit pas à me remonter le moral. Mais ce n'est pas cette altércation qui fera la catastrophe du jour. J'arrête d'y penser après quelques heures quand nous sortons de la forêt vers des grandes plaines dégagées, toutes blanches à perte de vue. Ce sont des zones déforestées ou brûlées il y a quelques années où des arbres maintenant replantés peinent à repousser. Quelques envolées de perdrix blanches nous ouvrent la route. Ce sont mes premières. Un instant magique de ce grand nord tant attendu. 

 

 

 

Vers 16 heures, il faut déjà nous arrêter et trouver un coin à l'abri du vent qui nous glace depuis le début de cette journée. Tony en avant de nous autres, a trouvé un endroit en contrebas. Il a tapé la neige avec sa moto neige et coupé un peu de bois. Nous avons progressé d' à peine 30 km. Le moral n'y est pas et je suis frigorifié. Je vais me réchauffer : il faut attacher les chiens, monter la tente, couper des sapins pour des piquets et le mat central dont le sapinage au sol avec les branches coupées à la hache. (Ça c'est moi qui en est eu l'idée et j'en suis fier. ). ensuite monter et chauffer le poêle, isoler la tente en tassant des gros blocs de neige tout autour pour éviter les fuites d'air extérieur, rentrer nos affaires, fermer nos traîneaux, nourrir les chiens avec des blocs de viandes que l'on casse à la hâche, préparer la soupe des chiens pour demain matin, et enfin notre dîner qui est le meilleur moment ! Au menu ce soir : ballonet (tranche de jambon) cuite à la poêle et patates fricassées (préparé à l'avance, il retse à dégeler et cuire à la casserole). Petite vaissele à la lingette bébé. Idem pour la toilette corporelle. Ce soir je ne peux pas recharger mes batteries, mon panneau solaire n'a pas fonctionné avec si peu de soleil. Au final nous pouvons trouver le sommeil à 23h. Mais la nuit va être un enfer...

Il vente beaucoup. Trente minutes plus tard mes yeux me piquent, à en pleurer. Je sors ma tête du duvet et là j'étouffe. La tente est toute enfumée, je réveille Marie. On aurait pu y passer, asphyxié. Notre poêle est percé dans le fond. Les bûches bien vertes calées sous le poêle en quinconce se sont consumé tranquillement. Nous sortons la tête de la tente en toussant. Il fait -20°C dehors. On retourne sous la toile avec nos masques et la lampe frontale. On finit par pouffer de rire de la situation. Ça me rappelle mes trois années de pompier volontaire lors des feux que j'ai pu faire. Nous avions tellement bien isolé notre tente que les fumées s'évacuent difficilement. Nous remettons la tête dehors, à quatre pattes le corps à l'intérieur le temps d'évacuation des fumées. Nous nous recouchons avec le vent secouant bien la tente. Au chaud sous mon duvet, quelle réconfort et sensation de bien-être douillet contrasté par les bourrasques de vents glacials à quelques centimètres derrière la toile

 Une heure après s'être rendormi, la fumée envahi à nouveau notre tente. Cette fois-ci à cause du vent, la cheminée du poêle a basculé, la bâche de toit de protection est brûlée par la chaleur du conduit et les flammes jaillissent directement du poêle. Il faut ressortir dans la nuit noire et venteuse pour tenter de tout réinstaller. Je laisse Marie au chaud mais nous nous entraidons et répétons la même opération pour évacuer à nouveau les fumées. Il est déjà 2h du matin. Jamais deux sans trois, le vent refait à nouveau tout basculer. J'enlève un tuyau du conduit, il ressort à la limite de la toile mais tant pis je vais surveiller un peu, inquiet lorsque je voie le bout des flammes rouges et flamboyantes en jaillir. A 5heures, dans mon sommeil profond, Marie me réveille en sursaut : « Sylvain ! Vite de la neige ! Vite ! Vite ! » j'ouvre les yeux, des flammes jaillissent à ses pieds tout autour du poêle. Dans la panique et encore endormi, je crois voir ses jambes prises dans son sac de couchage enflammé. Je saute dehors, -20°C, pieds nus dans la neige pour racler à la casserole de la neige et balancer tout dans la tente. Vite ! Il n'y a pas une seconde à perdre ! Là je ne rigole plus, j'ai vraiment peur de voir notre tente s'enflammer. Le feu éteint, les fumées et vaeurs nous asphyxient. Ouf ! Nous avons évité la catastrophe ! En fait, des braises étaient tombées encore sur le sapinage malgré notre bricolage. Il est 5h30, déjà l'heure de lever le camp....

 

 

 

La suite prochainement ..... 

                      

 

  • 21 Novembre

 Matinée avec l'Orchestre de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris et le chef d'orchestre Mehdi Lougraïda pour réfléchir à la musique du film de l'expédition

 

 

  • 18 Novembre 

Le Ministère de l'Écologie, du Développement Durable et de l'Énergie apporte son soutien officiel au projet Canadalaska !

 

 

  • 16 Novembre

Le Ministère de l'Éducation Nationale accorde à l'expédition Canadalaska son haut patronage et a formulé par courrier ses voeux de plein succès pour cette aventure !

 

 

  • 8 Novembre

Au Vieux Campeur devient partenaire de l'Expédition CANADALASKA ! Pionnier français dans l'équipement sportif depuis 1941, c'est un partenaire essentiel pour le matériel, les textiles et la nourriture lyophilisée ! 

 

 

  • 12 Octobre 2013

Entraînement à cheval à Grisy les Platres (95) (-> voir les images)

 

 

  • 10 Octobre 2013 

Article du projet dans le journal La République du Centre (->voir l'article)

 

 

  • 7 Octobre 2013

L'aventurier Nicolas Vanier apporte son soutien officicel au projet Canadalaska (-> voir le soutien)

 

 

  • Fin Septembre 2013

Préparation de la 1ère étape en traîneau à chiens avec Tony Paré d' Attractions Boréales, guide musher au Québec depuis plus de 20 ans. 

 

 

  • mi-septembre 2013

Lancement du site internet. 

 

 

Sylvain, Juillet 2013

Sur cette page je tiendrai à jour mon carnet de notes.

Au fil de l'avancée du projet, du départ, de ma progression chaque jour, chaque semaine, sur chaque étape, je ferai part du programme, de l' itinéraire, des évènements, de mes impressions, mon ressenti, mes doutes et mes joies. 

J'en détaillerai davantage à l'écrit sur mon propre carnet pour la rédaction d'un récit du voyage.

Mais ici après chaque étape, lorsque j' aurai un accès internet dans un village, je résumerai les jours précedents en quelques notes. C'est alors ici le début d'une très longue page ....